Les guerres oubliées
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Les télécoms, seul secteur à attirer les investisseurs en Sierra Leone
plume > Freetown
Le groupe Celtel, spécialisé dans la création de réseaux de télécoms en Afrique, s'est installé en Sierra Leone juste après la guerre, en 2001. Dans un pays où les routes et le réseau électrique sont inexistants, l'investissement a été lourd. Et le résultat est impressionnant: le bâtiment bien gardé qui abrite le siège de Celtel ressemble à un OVNI, tant il tranche par sa modernité et son confort avec les standards.
Le patron de l'antenne sierra-léonaise de Celtel, Ted Sauti-Phiri, explique comment se passe le développement de son réseau dans un pays ravagé par la guerre.
Ted Sauti
Ted Sautis-Phiri, directeur de la filiale sierra-léonaise de Celtel, opérateur spécialisé sur l'Afrique.

«Celtel a investi plus de 60 millions de dollars en Sierra Leone. L'entreprise compte 300 employés et 3000 revendeurs». Petites échoppes en tôles disposées au bord des rues, elles fonctionnent sans électricité grâce à de petits générateurs.
« Les routes et les communications dans une situation d’après-guerre sont mauvaises : le coût de construction et de maintien du réseau sont très élevés. Chaque site (centre d’appel, antennes) est alimenté par une génératrice, 24 heures sur 24, et protégé par des gardiens contre les vols ».

Callcenter
Le call center, ultramoderne, aseptisé et climatisé, détonne dans l'environnement de Freetown
«Nous avons quatre concurrents en Sierra Leone. C'est énorme pour un pays de moins de 6 millions d’habitants. Nous détenons 65% du marché, étant le premier à avoir investi dans le pays. Le taux de couverture  atteint 95%.»
«Nous proposons des produits spécialement conçus pour l’Afrique. Par exemple le transfert de crédit : on peut donner des crédits de communication à un tiers depuis son portable. Le téléphone fixe sur réseau mobile (des postes qui ressemblent à des téléphones de bureau mais fonctionnant sur le réseau mobile), destiné aux régions reculées et quartiers, nombreux, non reliés au réseau téléphonique sont aussi un produit spécifiquement destiné à l’Afrique. »
Ted Sauti
Dans les rues de Sierra Leone, Celtel est omniprésent: parcs publics repeints à ses couleurs, échoppes, stades, voitures, etc.

«Le taux de pénétration du téléphone mobile est de 10% seulement. Les prix sont élevés. Pour pouvoir baisser les prix, il faudrait que l’Etat garantisse l’électricité publique et la sécurité. Les dépenses des opérateurs baisseraient. Les clients ont peu de possibilité pour recharger leur portable: ils doivent payer (ndlr: près d'un franc suisse) la recharge auprès des revendeurs de rue. On cherche d’autres moyens : recharge solaire ou mécanique».

«Notre slogan : "Celtel, making life better". Nous l'honorons en faisant des donations à des écoles, en construisant des puits, en soutenant la scène musicale, etc. L’implication dans la société sierra-léonaise est forte et le public en est reconnaissant. Ici, on considère que Celtel fait partie intégrante du pays »